05.10.2009
Capital retraite
Capital retraite ! Comme s’il s’agissait d’un trésor… Comme si la retraite était le début d’une nouvelle vie, qu’il fallait en mettre de côté pour être bien certain de pouvoir encore s’offrir des entrées en discothèque… On nous prend vraiment pour ce qu’on est ! Passé soixante tickets il n’y a plus rien à espérer, nos forces et nos espérances se sont évanouies dans quarante balais de labeur, on n’est plus qu’une serpillière mal essorée, juste quelques traces d’humidité pour dire que ce n’est pas tout à fait fini, c’est la décrépitude qui commence, et les maladies, pas les petits bobos bien sûr, cette fois c’est du sérieux, du cardio-vasculaire, du cancer et tout le tintouin, de la pathologie lourde, celle qui vous traîne jusqu’au bout du voyage…
19:08 Publié dans Extraits du roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : retraite, nouvelle vie
Direction la Défense
Ça y est Popeye, nous revoilà dans les épinards ! RER, ligne A, entre Nation et La Défense, entre huit et neuf… L’heure où les pingouins regagnent la banquise, le coup de feu du matin, la cohue quotidienne, des wagons de bestiaux à la queue leu leu, un train toutes les minutes, trois mille pékins dans chacun d’eux, une moyenne de deux cent cinquante bipèdes par charrette, pour seulement quatre-vingt places assises, autant dire que y’a de la joie dans les cœurs, quand chaque matin les larbins partent au turbin…
Heureusement que pour avaler la pilule on peut compter sur la bonne éducation et le bon sens, l’amabilité générale et le savoir vivre commun : pas de bousculade, pas d’engueulade, tout dans la politesse et la courtoisie, que de civilités d’un seul coup réunies ! « Je vous en prie, après vous, je n’en ferai rien, j’insiste, merci, merci bien, ah vraiment merci… » Merci de m’avoir arraché un bras et écrasé les arpions, merci pour le coup de coude dans les noix et les bordées d’injures en pleine tronche… Merci à toi, camarade souterrain, collègue utérin, qui, matin et soir, t’en vas rejoindre le boyau urbain, comme l’aliment l’intestin, pour la digestion sans cesse renouvelée, toi qui seras vomi tout à l’heure, ou chié peut-être, par un cul ou l’une des mille bouches de ce monstre de galeries, de tranchées, et de tubes… Merci d’être là à nos côtés, avec les autres, au milieu de tout le monde, pour donner à ce voyage déprimant et dégueulasse, une dimension chaude et fraternelle !
18:30 Publié dans Extraits du roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : métro, rer, la défense, les halles, chatelet



